Voici comment lire le résultat, ce que fait concrètement une mitigation, comment choisir la bonne personne certifiée et comment vérifier le résultat final.

Lire un résultat élevé sans dramatiser
Premier réflexe : resituer le chiffre. Votre mesure longue se compare à la référence canadienne de Santé Canada, dont la valeur exacte doit être validée sur la source officielle datée. Ce repère existe justement pour hiérarchiser : plus le niveau dépasse la référence, plus la correction gagne en priorité.
Deuxième réflexe : se rappeler que l’exposition se joue sur des années. Quelques semaines supplémentaires pour bien planifier les travaux ne changent rien au tableau, tandis qu’une décision précipitée (entrepreneur mal choisi, système mal conçu) peut coûter deux fois.
Troisième réflexe : garder en tête que ce problème a une solution standard. Les techniques de mitigation sont documentées, enseignées et éprouvées depuis longtemps. Vous n’êtes ni le premier ni le dernier propriétaire dans cette situation, et la grande majorité des maisons se corrige bien.
Ce que fait concrètement une mitigation
Dans la plupart des maisons québécoises à fondation en béton, la technique dominante s’appelle dépressurisation sous la dalle : on crée une dépression sous la fondation à l’aide d’un conduit et d’un ventilateur qui expulsent le gaz vers l’extérieur, avant qu’il n’ait l’occasion d’entrer.
Selon la configuration : dalles multiples, vide sanitaire, fondation de pierres, drainage particulier, le professionnel peut combiner approches : scellement des ouvertures importantes, gestion du puisard, ajustements du système. Chaque maison impose sa logique, d’où l’inspection préalable.
Côté quotidien, un système bien installé reste discret : un tube qui monte le long d’un mur extérieur et un ventilateur silencieux, souvent au toit ou à la façade arrière. Certains systèmes incluent un indicateur visuel de fonctionnement ; sinon, demandez-en un lors du devis.
Choisir la bonne personne pour le travail
La mitigation demande des compétences spécifiques : lire une fondation, dimensionner un système, sceller correctement, vérifier la dépression obtenue. Exigez une personne détentrice d’une certification de mitigation reconnue (par exemple C-NRPP ou un équivalent) et n’hésitez pas à demander le numéro de certification.
Comparez au moins deux propositions écrites. Chacune devrait détailler la technique envisagée, l’emplacement du système, les scellages prévus, les garanties offertes et la remesure de confirmation. Un devis qui se résume à un prix sans méthode mérite votre méfiance.
Précision importante : la mesure et la mitigation sont deux expertises distinctes. Certains intervenants détiennent les deux certifications, d’autres une seule. Demandez explicitement laquelle couvre chaque étape, et gardez vos rapports de mesure originaux pour comparer avant/après sur la même base.
Vérifier que ça fonctionne vraiment après
Une mitigation se juge sur un seul critère : le nouveau niveau de radon. Après l’installation et la période de stabilisation, une remesure longue (mêmes règles que la première fois, niveau le plus bas occupé, saison comparable) confirme la baisse.
Certains professionnels incluent cette vérification dans leur offre ; d’autres la facturent séparément. Dans tous les cas, inscrivez-la dans votre planification dès le départ : sans elle, vous ne savez pas si le système ramène la moyenne annuelle sous la ligne directrice de 200 Bq/m³.
Après la confirmation, le système demande peu : un coup d’œil périodique au ventilateur et à l’indicateur de fonctionnement, et une remesure après tout changement majeur à la fondation ou au drainage. Notez la date d’installation et conservez les documents avec ceux de la maison.
Vérifié et documenté
Vérifié le 27 septembre 2026
Sources officielles
- Santé Canada, ligne directrice sur le radon dans les logements
- Santé Canada, mesurer le radon dans son logement
Ce que ces chiffres ne couvrent pas
Une moyenne annuelle qui dépasse la ligne directrice de 200 Bq/m³ se traite d’abord par la ventilation et l’étanchéité, puis par la valeur des travaux, qui n’est pas chiffrée ici; la vérification se fait par une nouvelle mesure longue d’au moins trois mois.