Comprendre d’où il vient, pourquoi une mesure longue dit la vérité, et à quel moment la mitigation devient le geste responsable.

Un gaz qui monte depuis le sol sous votre maison
Le radon provient de la désintégration naturelle de l’uranium présent dans les sols et les rocailles du Québec. Là où la maison repose sur un terrain qui en libère, le gaz s’infiltre par les moindres ouvertures entre le sol et la fondation : fissures de la dalle, joints de construction, pourtour des tuyaux, puisard.
Ce qui rend le radon difficile à percevoir, c’est qu’il ne se voit pas, ne se sent pas et ne laisse aucune trace immédiate. Une maison peut afficher un niveau préoccupant pendant des années, avec des occupants parfaitement à l’aise, avant qu’une mesure ne révèle la situation.
La bonne nouvelle, c’est que le problème est bien cartographié et bien compris. On sait comment il entre, on sait comment le mesurer correctement, et on sait comment le corriger dans la grande majorité des maisons. La démarche commence toujours par le même geste simple : mesurer.
Pourquoi la mesure longue fait toute la différence
Le niveau de radon d’une maison varie selon l’heure, la météo et surtout la saison. En hiver, fenêtres fermées et sol gelé, la concentration intérieure grimpe typiquement vers ses sommets annuels. Une mesure prise un après-midi de juillet ne prédit donc rien de fiable sur l’exposition réelle du ménage.
C’est pourquoi la ligne directrice de Santé Canada — 200 Bq/m³ — porte sur la moyenne annuelle d’une exposition de long terme, et non sur un instantané. Santé Canada recommande une mesure longue d’au moins trois mois. En pratique, on privilégie un appareil de mesure continue installé au niveau le plus bas occupé de la maison, laissé en place plusieurs mois, idéalement durant la saison de chauffage.
Cette patience a un avantage caché : elle élimine les faux départs. Mesurer sérieusement une fois évite de planifier des travaux sur la base d’un chiffre trompeur : dans un sens comme dans l’autre. Le coût d’un appareil de mesure reste modeste comparé à ce qu’une décision mal informée peut engendrer.
Les points d’entrée typiques dans une fondation
Le radon profite de chaque passage possible entre le sol et l’intérieur : fissures dans la dalle de béton, jonction dalle-mur, ouvertures autour des conduites d’eau et de gaz, pompe de puisard non scellée, drains français raccordés à l’intérieur. Plus la maison est étanche et chauffée, plus elle « respire » par le bas, et plus elle aspire le gaz du sol.
Les maisons avec sous-sol occupé méritent une attention particulière, simplement parce que le temps passé au niveau le plus bas augmente l’exposition. Chambre au sous-sol, bureau à domicile ou salle de jeux changent l’équation sans qu’on y pense.
À noter : une maison neuve n’est pas protégée par principe, et une vieille maison non plus. Le niveau dépend de la géologie sous la maison et des caractéristiques de sa fondation, pas de son année de construction. D’où l’importance de mesurer plutôt que de deviner.
Quand agir, et avec qui
Le moment d’agir arrive quand la mesure longue dépasse la référence canadienne, celle de Santé Canada, dont la valeur exacte doit être validée sur la source officielle datée. Entre « juste sous » et « nettement au-dessus », la décision reste la vôtre ; plus le niveau est élevé et plus le sous-sol est occupé, plus la mitigation devient prioritaire.
Pour la correction elle-même, faites affaire avec une personne qui détient une certification de mesure ou de mitigation reconnue : par exemple C-NRPP ou un équivalent. Ce type de travail repose sur des principes précis (le plus souvent une dépressurisation sous la dalle) et sur une installation qui doit être pensée pour votre fondation.
Dernière étape souvent oubliée : après les travaux, on remesure. Une mitigation sérieuse se conclut par une nouvelle mesure longue qui confirme le résultat. Sans cette vérification, vous ne savez pas si le problème est réglé : seulement qu’un système a été installé.
Vérifié et documenté
Vérifié le 27 septembre 2026
Sources officielles
- Santé Canada, ligne directrice sur le radon dans les logements
- Santé Canada, mesurer le radon dans son logement
Ce que ces chiffres ne couvrent pas
La ligne directrice de Santé Canada est de 200 Bq/m³, sur la moyenne annuelle d’une mesure longue d’au moins trois mois; un résultat isolé ne s’y compare pas, et un niveau sous le seuil n’est pas sans risque.